
Les quelques rares haies vives qui égaient encore nos campagnes nous réchauffent la vue, mais elles sont surtout source de vie. Malheureusement les paysages bocagers sont aujourd'hui devenus trop rares car de nos jours nous vivons dans un environnement de clôtures métalliques, de fil de fer barbelé et de palissades.

Les haies feuillues sont des vestiges des lisières des bois disparus. Un bel exemple de paysage bocager préservé se trouve au Noord-Brabant, c'est la plaine mosane près de Boxmeer qui est un lieu de prédilection pour beaucoup de sortes d'oiseaux.
Nous avons de plus en plus tendance à confiner l'espace vital des personnes et des animaux par des cloisonnements agressifs comme si nous devions défendre une centrale nucléaire ou une prison. Presque tout le monde participe ainsi à l'enlaidissement de l'environnement. Même les organisations protectrices de la nature choisissent la solution facile et bon marché de clôturer les parcelles avec du fil de fer barbelé. C'est ainsi que si vous rencontrez un garde forestier dans une réserve naturelle, il aura un rouleau de fil barbelé avec lui.

Un jeune hobereau (faucon) prisonnier de fils barbelés
Les oiseaux pris dans ces pièges meurent d'une mort lente et douloureuse, à moins qu'ils ne soient découverts à temps. Ils seront alors amenés dans un centre d'accueil, où l'on tentera de réparer les dégâts avec beaucoup de patience et de chaleur.

Ces dernières années, plutôt que de veiller sur leurs moutons, certains bergers enferment leur troupeau sur des terres clôturées de fil électrisé. Mais une fois l'an, lors d'une journée porte ouverte, ils se déguisent en endossant la tenue traditionnelle du berger afin d'obtenir du soutien et pour toucher des subsides.

Ce canard sauvage pris au piège entre deux fils électriques est mort étranglé
La construction de nouvelles routes et le développement effréné des zones urbaines sont des agressions constantes contre le milieu qui amènent la disparition de nombreuses espèces de plantes et d'animaux. C'est la raison pour laquelle les haies doivent êtres réintroduites dans nos campagnes pour qu'elles servent de lien écologique entre les régions naturelles fragmentées. En effet, une enfilade de haies feuillues et de petits cours d'eau méandreux offriraient aux espèces menacées une chance de survie et il est certain que beaucoup de plantes et d'oiseaux prendraient possession de ces verts bocages.

Haies en floraison dans la vallée mosane (de la Meuse)
En faisant disparaître au siècle dernier quelque 200.000 km de haies et les méandres de nos cours d'eau, nous avons détruit aux Pays-Bas le plus grand capital que l'on puisse posséder: un pays vivable.

Les haies mosanes
Pour convaincre le grand public de l'utilité du retour des haies dans nos campagnes, on a tourné en 2004 un film intitulé
"De Maasheggen....moet je Mei zien !" (Les haies mosanes....se voient au mois de mai) et on imprima un dépliant ainsi que des cartes postales. Sur le front musical, on envisage de faire composer une ode aux bocages par un chanteur populaire brabançon.

Des jeunes hulottes blotties dans une haie d'aubépine
Mais ces mesures ne suffisent pas, c'est pourquoi nous continuons à ameuter le public à ce sujet et heureusement nous recueillons beaucoup de réactions positives pour notre projet. L'intérêt pour que des haies soient plantées croît autant chez les particuliers que dans les services publics.
Pour beaucoup, les haies sont devenues un sujet d'actualité. La haie est de nouveau à la mode !

Depuis des siècles, les blaireaux creusent leurs tanières dans des terrains les plus surélevés
Lors de la parution du nouveau livre de Jaap Dirkmaat, Kees Dijkterhuis publiait sur cet auteur, dans le journal NRC du 20 mars un magnifique article intitulé "Terug naar de heg" (Retour à la haie).
Dans la vallée mosane, la commune de Boxmeer a pris d'heureuses initiatives pour améliorer les bocages fortement paupérisés et, plusieurs dizaines de kilomètres de haies nouvelles ont été plantées.
Quant à la société des chemins de fer néerlandais, elle envisage de planter des haies le long de ses voies ferrées pour augmenter la sécurité, mais aussi pour lutter contre le vandalisme, ce qui sera doublement profitable.
En participant à un groupe de travail à Eindhoven, nous avons pu convaincre les services communaux de réaménager la zone d'inondation dite Urkhovense Zeggen en plantant des haies entrelacées.

Haies entrelacées
Ici, le fil de fer barbelé n'a plus d'avenir. Différentes écoles d'Eindhoven vont avec leurs élèves planter des haies de manière à rétablir charme et chaleur dans leur cadre de vie, comme du temps de leurs grands-parents.

Cette linotte surveille bien son entourage
Les haies doivent impérativement revenir dans le paysage et elles reviendront ! Avec le soutien du gouvernement, beaucoup de propriétaires terriens et de fermiers seront disposés à faire le nécessaire pour embellir leur propriété, ce qui ne peut être que profitable pour l'avenir des hommes et des animaux.

Une jeune chouette effraie
Grâce au film cité plus haut, mais aussi et surtout grâce aux mesures déjà prises pour rétablir la beauté du paysage, nous voulons montrer à la génération présente que notre pays était plus beau et plus vivant avant les palissades, les fils de fer électriques et barbelés, et nous espérons que tous aideront à ramener la chaleur dans nos campagnes.
Pour beaucoup de sortes d'oiseaux des campagnes, le fil de fer barbelé est une catastrophe. Surtout pour les espèces qui chassent en vol horizontal, tels l'épervier, l'hobereau et le faucon. Mais, les hiboux, les pigeons, les canards et les gallinacés risquent aussi au moment de leur envol d'être pris au piège de ces obstacles mortels.
Les oiseaux pris dans ces pièges meurent d'une mort lente et douloureuse, à moins qu'ils ne soient découverts à temps. Ils seront alors amenés dans un centre d'accueil, où l'on tentera de réparer les dégâts avec beaucoup de patience et de chaleur.

Un épervier prisonnier de barbelés
Aux Pays-Bas, au cours du siècle écoulé, quelque 200.000 kilomètres de haies ont été détruites car devenues superflues par l'usage massif d'engrais chimiques qui fut à la base du développement des cultures extensives sur grandes surfaces.
Les haies d'aubépines sont des joyaux et ils conviendrait que les grandes étendues de cultures entourées de barbelés agressifs rendent la place à des champs écologiques plus petits et séparés par des bocages.
Dans un film de 25 minutes intitulé:"De Maasheggen....moet je Mei zien!"(Les haies mosanes....se voient au mois de mai) nous démontrons l'importance des bocages pour la faune, la flore, le tourisme et la récréation.

Les réalisateurs du film:
Loek Ketelaars & Jan Wijn.
Telefoonstraat 6
5641 SN Eindhoven
Telefoon: (00-31) (0)40-2813694
Si vous désirez réagir ou commander le film, contactez l'adresse courriel : .
Texte et photos:
Loek Ketelaars & Jan Wijn.

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